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7/4/2008

Les tentacules du Hezbollah sur le Mont-Liban

Des tentacules poussés toujours un peu plus loin

La politique des petits pas… Avec persévérance, et détermination, le Hezbollah étend jour après jour ses tentacules pour contrôler des pans de plus en plus larges du pays. Et progressivement, de façon pernicieuse, sans que le citoyen lambda ne s'en rende compte, tel un minutieux travail de fourmi, il pousse toujours un peu plus loin les limites de son expansionnisme. Tout récemment, et à en croire des témoins oculaires, c'est sur les cimes du Mont-Liban, sur les hauteurs de Niha, de Ouyoune el-Simane, de Sannine et de Laklouk, qu'il a étalé sa présence milicienne. Une présence qu'il a, certes, démentie hier. Mais pourquoi un tel démenti aurait-il plus de crédit que son affirmation, sans cesse renouvelée, selon laquelle il ne retournerait jamais ses armes vers l'intérieur ? D'autant qu'un tel déploiement (confirmé par des sources de sécurité), même s'il ne s'est produit que d'une manière ponctuelle et temporaire, s'inscrit dans la logique même du projet du parti chiite. En effet…
… Sous le couvert de « résistance », le parti intégriste chiite maintient un arsenal militaire digne d'une puissance régionale. Sous le couvert de « résistance », il crie à la traîtrise dès qu'une quelconque partie manifeste ne fût-ce que la velléité d'initier un débat sur l'opportunité de son jusqu'au-boutisme guerrier, qu'il considère comme un tabou intouchable. Sous le couvert de « résistance », il s'obstine à vouloir monopoliser la décision de guerre et de paix, laquelle est, de surcroît, du seul ressort du guide suprême de la révolution iranienne (« wilayat el-fakih » et projet politique supranational obligent). Sous le couvert de « résistance », il s'est taillé un territoire à sa mesure, interdisant aux forces de l'ordre régulières, ou même à certaines administrations publiques, d'y avoir accès. Sous le couvert de « résistance », il a établi son propre réseau de télécommunications, qu'il qualifie de ligne rouge, à l'instar de son armement stratégique. Sous le couvert de « résistance », il se permet de fixer des limites à l'action de l'État et de l'armée libanaise, comme il est apparu dans le discours prononcé par le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah au lendemain de l'élection du président Michel Sleiman. Rien d'étonnant, par voie de conséquence, et toujours sous le couvert de « résistance », qu'il s'octroie le droit de parader dans le « jurd » du Mont-Liban surplombant la Békaa, posant des entraves à la libre circulation des citoyens.
Tout en poussant toujours plus loin ses tentacules, le Hezbollah franchit en outre progressivement, jour après jour, de nouveaux pas sur la voie de l'extension de ses objectifs déclarés. Longtemps, il a affirmé mordicus que les Libanais n'avaient rien à craindre car les armes de la « résistance » ne seraient jamais dirigées vers l'intérieur. Et puis subitement, il brandit le slogan cynique de « l'utilisation des armes pour défendre les armes » (!), justifiant ainsi sans vergogne le recours à son arsenal contre des factions locales.